Passer l’hiver

Cinéma

Genre : Drame Thriller

Budget : 2,6 M€

Stade : Financement

Dates de tournage : janvier-février 2021

Lieux de tournage : Suisse, France


Réalisation
  • Pierre Monnard
Production
  • PS Productions (Suisse)
Partenaire(s)
  • Office fédéral de la Culture (OFC, Suisse) (aide à l’écriture)
  • Rencontres de coproduction francophone (RCF) (Luxembourg, novembre 2019)

Synopsis

Champion de lutte suisse, Steve Dorsaz est un paysan qui souffre. Entre la pénurie de fourrage, la baisse du prix du lait et les dettes qui s’accumulent, Steve se débat pour joindre les deux bouts. Lorsqu’un foyer épidémique se répand parmi son bétail, c’est le coup d’assommoir. Forcé de mettre ses installations aux normes, Steve doit trouver l’argent nécessaire au risque perdre la ferme familiale. Au pied du mur, il accepte de suivre son frère Joël, délinquant notoire, dans les bas-fonds des banlieues de France voisine pour y participer à des combats clandestins dans l’espoir de rassembler la somme nécessaire.

Steve Dorsaz, fermier et champion de lutte suisse, pratique son sport avec une éthique absolue. La ferme familiale risque la faillite suite à une épidémie qui touche son bétail. Dès lors, Steve est contraint d’accepter des combats clandestins.
L’enjeu de Passer l’hiver est contenu dans ce postulat : comment une famille de paysans doit tricher pour sauver leur ferme ?

Note d’intention
Passer l’hiver parle de la condition des paysans, de leur lente disparition et de leur combat pour survivre. A l’instar d’un film comme Bullhead de Michaël Roskam, Passer l’hiver est un thriller au caractère social très marqué. Cette volonté de l’inscrire dans un genre permet de sublimer le réalisme pour raconter une histoire dans le ressenti de l’émotion et la puissance des images. Au-delà de la chronique sociale, Passer l’hiver est une histoire de fratrie dans laquelle le motif du combat devient la métaphore de la condition des paysans dans notre société : une classe sacrifiée sur l’autel du libéralisme et du gain à tout prix. Ce combat s’incarne de différentes façons à l’écran :
– Par les corps de ces deux frères. Steve, le colosse mutique et Joël, le chien fou au corps meurtri.
– Par la lutte, exutoire à frustrations mais également un sacrifice physique qui se paie avec du sang et de la sueur.
– Par le monde paysan, un univers réaliste où les hommes côtoient les bêtes et la nature dans la rudesse de l’hiver.
– Par le contraste entre la ruralité de l’arrière-pays fribourgeois et l’urbanité des villes françaises. Deux univers unis dans la même souffrance, celle des oubliés et des laissés-pour-compte.
– Par la relation archaïque qui relie les hommes à la nature ainsi que la frontière ténue qui sépare l’homme des bêtes lorsqu’il se retrouve au pied du mur et que son instinct de survie prend le dessus.
Basé sur les liens immuables qui unissent une famille dans l’adversité, Passer l’hiver résonne comme un requiem pour le monde paysan ainsi que pour une certaine idée de la Suisse. Un pays pour qui le travail de la terre et la proximité de la nature faisaient foi de valeurs essentielles mais qui emboîte le pas de la globalisation au prix du sacrifice de la ruralité.” (Pierre Monnard)