Les Fantômes (ex Alpes)

Cinéma

Genre : 1er LM Espionnage

Budget : 2,7 M€

Stade : Financement

Dates de tournage : été 2023

Lieux de tournage : Région Grand Est, Allemagne, Beyrouth


Réalisation
  • Jonathan Millet
Scénario
  • Jonathan Millet
  • Florence Rochat
Production
  • Films Grand Huit (Pauline Seigland)
Coproduction
  • Niko Film (Allemagne)
Distribution
  • Memento Films Distribution
Diffusion
  • Canal+
  • Ciné+
Partenaire(s)
  • Fonds Images de la diversité (aide à l’écriture, décembre 2019, 20.000€)
  • Région Provence-Alpes Côte d'azur (aide à l’écriture, juin 2020, 7.000€)
  • La Sélection annuelle Groupe Ouest (2021)
  • Cinémage (Sofica)
  • Région Normandie (aide à l’écriture, 2021, 10.000€)
  • Cinemed (Bourse d'aide au développement) (2021)
  • Résidence Moulin d'Andé-Céci (2021)
  • Emergence (lauréat 2022)
  • Ateliers d'Angers (2022)
  • Prix du Scénario (lauréat du Grand prix 2022)
  • Avance sur recettes / CNC (octobre 2022)
  • Région Bretagne (aide à la production, 2022)
Ventes Internationales
  • mk2 Films
  • Kinology
Acteurs
  • Adam Bessa

Synopsis

Hamid fait partie d’un groupe de citoyens syriens qui ont tout quitté pour traquer les criminels de guerre. Ils écument l’Europe à la recherche des responsables du régime en fuite. Contre l’avis du groupe, Hamid suit seul à Strasbourg la piste d’Harfaz, son ancien bourreau…

Un film d’espionnage basé sur des faits réels : après la guerre en Syrie, des Syriens issus de la société civile se sont disséminés à travers toute l’Europe pour retrouver les bourreaux du régime de Bachar el Assad.

Précédents synopsis
Hamid fait partie d’un groupe de citoyens syriens qui écument l’Europe à la recherche des responsables du régime en fuite. Hamid suit seul à Strasbourg la piste d’Harfaz, son ancien bourreau. Sa quête va le replonger dans ses blessures les plus profondes…

Simon a quitté le Cameroun pour sauver sa sœur, enlevée par une société secrète Nigériane. Il traverse l’Europe à leur recherche, en suivant les routes empruntées par les migrants. Sa quête va l’amener plus loin qu’il ne l’aurait imaginé, le plongeant dans le chaos du monde.

Note
Les Fantômes fait partie des cinq projets retenus par le festival Paris Courts Devant dans le cadre de la sélection “Scénarios vivants (de premiers longs métrages)” en janvier 2021.

D’un titre à l’autre
Le film avait originellement pour titre Alpes avant de s’intituler un temps puis définitivement (?) Les Fantômes.

Paroles
Les Fantômes s’inspire d’une incroyable histoire vraie. Un groupe d’une dizaine d’exilés syriens a fait arrêter une figure du régime après des mois de doute et de filature à travers l’Europe. Il s’agit donc un film d’espionnage. Ce qui corrobore avec mon désir intense de fiction, de me confronter au genre et à ses enjeux universels plutôt qu’à une représentation plus naturaliste du sujet…” (Jonathan Millet)

Note d’intention
L’exil – Je travaille depuis plusieurs films maintenant sur la question de la migration, en fiction comme en documentaire. Ma boussole est toujours la même, celle de chercher à saisir des destins individuels singuliers, à raconter l’exil à travers des récits à taille humaine. Je me suis d’abord attaché à relater les enjeux des routes de migration (Ceuta, douce prison) puis la complexité de l’arrivée dans un pays d’accueil (Et toujours nous marcherons). Ces années de recherches et de rencontres m’ont amené à observer de près les blessures intérieures avec lesquelles voyagent ces exilés, la mémoire de la douleur qu’ils transportent avec eux. C’est à partir de cela que j’ai voulu écrire ce récit.
Les prémices – J’ai commencé à travailler sur la question des traumas dans l’exil il y a sept ans. Mes recherches m’ont conduit au centre Osiris à Marseille, un lieu de soin pour victimes de guerres et de tortures. Leurs équipes se consacrent principalement aux souffrances post-traumatiques. J’y ai passé un temps important en 2016-2017, années durant lesquelles le centre a accueilli de nombreux Syriens. J’ai pu assister à certains témoignages, aux prises de parole en groupe, aux soins. J’ai entendu les descriptions des traumas dont ils étaient victimes, observé les réactions des corps, je me suis figuré les images dont ils n’arrivaient pas à se détacher. J’ai aussi partagé avec eux de nombreux moments de vie, des discussions puissantes sur l’exil et le deuil, avec en fond les images d’Orient News que nous regardions en boucle, chacun observant d’un œil sombre sa ville natale être détruite à petit feu. J’ai eu le désir de raconter quelques fragments de ce qui s’est joué en eux durant ces longues semaines. C’est ainsi qu’est né ce projet.
La résilience – Car en filigrane de la quête d’Hamid, Les Fantômes explore ces questions auxquelles ont été confrontés ces déracinés, celles des traumas intérieurs comme celle fondamentale de pouvoir ou non reprendre le cours de son existence. Est-ce pensable pour Hamid de seulement songer à revivre après ce qu’il a enduré ? Quel chemin de résilience peut-il emprunter ?
Yaqaza – La cellule Yaqaza a existé. La trame de ce scénario est inspirée d’une histoire vraie qui s’est déroulée en 2018. Un groupe d’une dizaine d’exilés syriens a fait arrêter un membre important du régime après des mois de filature. Je me suis nourri de ces événements pour l’écriture. J’ai pu assimiler ce réel et prendre des libertés fortes avec le récit pour me concentrer avant tout sur l’intime des personnages. Car c’est bien la question humaine qui me passionne dans ce récit. Des hommes ordinaires que le destin a conduit à devenir espions pour mener à bien leur besoin de justice. Ce qui m’a frappé dans leur quête, c’est son urgence, son absolue contemporanéité. Les bourreaux décrits existent, dans cette vie, aujourd’hui. Les enjeux de migration dont ils débattent sont ceux qui se jouent actuellement. Leur histoire n’est pas un miroir de notre monde, c’est notre monde.
La fiction – Cette forme narrative assumée qu’on peut lier au film d’espionnage corrobore mon désir intense de fiction, de me confronter au genre et à ses enjeux universels plutôt qu’à une représentation plus attendue, au ras du réel, de ce qui pourrait n’être qu’un sujet de société. C’est aussi une manière pour moi de prolonger le travail formel amorcé avec mon court métrage Et toujours nous marcherons : travailler un personnage et sa psychologie en profondeur, faire résonner l’intime et la grande histoire tout en creusant plus loin les thématiques de mon champ de travail.
La mise en scène – J’ai en tête la simplicité du dispositif formel utilisé dans La Vie des autres (Florian Henckel von Donnersmarck) pour créer une ampleur intime extrêmement puissante. Je me réfère aussi à la façon dont naît la tension à partir de gestes et de sons du quotidien dans Jusqu’à la garde (Xavier Legrand). Enfin, je pense à la plongée au cœur des pensées du héros tragique de Conversation Secrète (Francis Ford Coppola) et à celle sensorielle et subjective du personnage principal d’Oslo, 31 août (Joachim Trier).