Nolita Cinéma, la vie comme elle va

Créé par Maxime Delauney et Romain Rousseau avec le soutien de Thierry Ardisson, Nolita Cinéma a retrouvé Jean-Paul Rouve et son coscénariste David Foenkinos pour Lola et ses frères et produit actuellement le premier long de Rodolphe Lauga. Le duo se lance désormais dans la production télé que pilotera Mathieu Ageron, venu de Big Band Story.

Zoom arrière…

Avant Nolita, Romain Rousseau était directeur général de LGM. “Je suis arrivé chez LGM le jour où sortait 36, quai des Orfèvres d’Olivier Marchal et j’y suis resté jusqu’à la fin de Cloclo, le biopic de Claude François signé Florent-Emilio Siri.” Maxime Delauney travaille pour sa part quatre ans aux côtés de Dominique Besnehard au sein de Mon Voisin Productions avant de rejoindre VMA en tant qu’agent artistique.

On a sympathisé, explique Romain Rousseau, et on a décidé de se lancer ensemble dans la production. On a cherché un partenaire pour nous aider financièrement, et c’est ainsi qu’on a fait la connaissance de Thierry Ardisson. Il nous a aidé à créer Nolita Cinéma, il a donc une participation dans notre capital, et il nous a véritablement donné les moyens de développer nos projets pendant les deux premières années.

Au fait, pourquoi Nolita ?

Comme on était deux garçons et qu’on était associé à Thierry Ardissson, on voulait un nom assez féminin. On voulait aussi que ce soit un nom qui s’écrive et se traduise facilement, qui ait une signification en anglais mais ne fasse pas anglophone. On cherchait un lieu ou un personnage. Nolita, ça faisait assez féminin, assez doux, ça s’écrit facilemement et ça n’existait pas dans le cinéma.” Pour rappel (ou info), Nolita, c’est un quartier de New York, North of Little Italy. “Pour nous, ça fait évidemment aussi référence au cinéma des immigrés italiens aux Etats-Unis, à Martin Scorsese…

Des débuts prometteurs

Les début de Nolita, c’est le film de Jean-Paul Rouve Nos souvenirs, avec Michel Blanc, Annie Cordy, Chantal Lauby et Mathieu Spinosi. “Après avoir été présenté au Festival du film francophone d’Angoulême en août 2014, où il est chaleureusement accueilli, Nos souvenirs sort en salles le 14 janvier 2015 distribué par UGC et marche très bien (le film réalise plus d’un million d’entrées, NDLR). Parallèlement, on obtient le César du meilleur court métrage pour La Femme de Rio d’Emma Luchini, dont on produit déjà alors le premier long, Un début prometteur.”

Suivront plusieurs films dont Comment c’est loin d’Orelsan et Christophe Offenstein, “qui a eu une forte reconnaissance des professionnels et du public, il a fait près de 250.000 entrées” et Il a déjà tes yeux de Lucien Jean-Baptiste, “que nous avons refait avec UGC et TF1, et qui a attiré 1,4 million de spectateurs”.

C’est là qu’on commence à parler de télé…

Tandis que notre duo produit le long métrage de Lucien, Ivan Sadik, qui est ami avec Maxime Delauney et producteur chez Ango (groupe Lagardere), leur suggère de faire aussi une série d’Il a déjà tes yeux.

A l’époque, nous développions déjà quelques projets télé, mais ce n’était pas notre priorité, ils n’avançaient pas au même rythme que nos projets cinéma… On a donc proposé à Ivan Sadik de développer Il a déjà tes yeux en série ensemble, à condition qu’il s’en occupe. On avait plusieurs films en chantier, et on trouvait de plus qu’on n’avait pas réellement de légitimité à faire de la télé, à part notre expérience de producteur de longs métrages… Trois semaines après, Ivan est revenu avec l’accord de France 2. On avait l’opportunité de faire un 6 x 52’, ça nous a mis le pied à l’étrier…

… et de l’arrivée de Mathieu Ageron

Il y a la série Il a déjà tes yeux, d’autres projets dans les tuyaux, il y a aussi l’envie de pouvoir répondre présent si certains réalisateurs avec qui ils travaillent, comme Jean-Paul Rouve, voulaient s’aventurer du côté de la série… Maxime et Romain décident de se lancer véritablement dans la production audiovisuelle en créant une filiale dédiée, Nolita Télé. Pour la piloter, ils font appel à Mathieu Ageron.

J’ai travaillé chez LGM Cinéma pendant plus de six ans, indique Mathieu Ageron. C’est comme ça que j’ai rencontré Romain. LGM avait commencé alors à lancer une activité télé avec des séries comme Léo Matteï, Brigade des mineurs avec Jean-Luc Reichmann pour TF1, José ou Zak (en coproduction avec Daniel Tordjman de 74 Films) pour OCS… J’ai ensuite intégré la société de Benjamin Dupont-Jubien et Mehdi Sabbar, Big Band Story, et on a produit les séries Les Chamois (TF1) et Al Dorsey (France Ô), ainsi que plusieurs films de la collection Coup de foudre… pour la Une. J’y étais directeur administratif et financier jusqu’à ce que Romain Rousseau et Maxime Delauney me proposent de les rejoindre. Ce que j’ai fait en mai dernier !

Aujourd’hui, plusieurs séries, unitaires et documentaires sont en développement au sein de Nolita Télé.

A propos des relations avec Thierry Ardisson

Thierry Ardisson développe beaucoup de projets, cinématographiques comme audiovisuels, au sein d’Ardimages. Quand ses projets arrivent au stade de la production, il passe alors le relais à Nolita Cinéma pour les produire. L’articulation sera la même entre ses projets télé et Nolita Télé. Ceci dit, nous développons parfois certains projets en osmose avec lui, dès le départ.

Nolita Cinéma a ainsi produit dernièrement Ma fille dans le cadre de son association avec Thierry Ardisson et Ardimages. “Thierry souhaitait produire une nouvelle adaptation du roman Le Voyage du père de Bernard Clavel, qui résonnait beaucoup avec un épisode très personnel de sa vie, explique Maxime Delauney. Alors qu’on recherchait un auteur pour écrire l’adaptation, on a rencontré Naidra Ayadi. Elle s’est tellement investie dans cette histoire qu’on a décidé de lui en confier la mise en scène.

Ma fille est sorti en salles le 12 septembre, distribué par Mars.

Ça va sortir… Ça tourne…

Après Nos souvenirs, Nolita Cinéma a retrouvé Jean-Paul Rouve pour son quatrième film, Lola et ses frères, avec Ludivine Sagnier, José Garcia, Pauline Clément et Ramzy Bédia. Le film, qui est de nouveau co-écrit par le romancier David Foenkinos, est notamment passé par les festivals d’Angoulême (dont il a fait l’ouverture), Namur (en Belgique) et Saint-Jean-de-Luz (où il a été projeté en clôture)… Lola et ses frères est encore programmé en ouverture du 19e festival du film d’Arras le 3 novembre et sortira en salles le 28 novembre.

Comme Lola et ses frères, c’est de nouveau en Région Nouvelle Aquitaine que Nolita Cinéma a lancé le tournage de La Source, de Rodolphe Lauga, avec Christophe Lambert, Sneazzy, Alice David, Fred Testot, Pascal Demolon et Christine Citti. “Nous aimons délocaliser les équipes de tournage, ça les fédère et les rend davantage performantes… La Source, c’est une histoire de vie, le parcours d’un jeune homme qui dépasse son horizon… C’est la société de François Clerc, Apollo Films, qui le distribuera.” Ce premier film bénéficie du soutien de OCS, Ciné+, RMC Story et TV5Monde. Ainsi que de celui de la Région Nouvelle Aquitaine et des départements de la Charente et des Landes. Plusieurs Sofica font encore partie du tour de table financier : La Banque Postale Image 12, Cofimage 30, Cofinova 15… “Le budget de La Source est légèrement supérieur à 3 M€”.

Projets et développements

Nolita Cinéma compte poursuivre sa collaboration avec Jean-Paul Rouve et David Foenkinos, retrouver Orelsan après Comment c’est loin et Anne-Gaëlle Daval après De plus belle… “Après la série, on aimerait beaucoup aussi refaire un long métrage avec Lucien Jean-Baptiste.” Un autre film de Naidra Ayadi (Ma fille), In Her Mood, cosigné avec Delphine Le Vigan, est en co-développement avec Mother Production.

Maxime Delauney et Romain Rousseau développent également avec Alexandre Jardin l’adaptation de son roman Des gens bien. “C’est un projet qui prend du temps, parce que c’est un sujet historique qui nécessite de nombreuses consultations et touche à un domaine extrêmement sensible… Nous avons décidé de fictionner l’histoire pour ne pas refaire le procès de Jean Jardin et de son action sous le régime de Vichy, comme cela a eu lieu lors de la sortie du livre d’Alexandre” précise Maxime Delauney. Et Romain Rousseau d’insister : “C’est le temps du cinéma ! Il y a des projets qui ont besoin d’une certaine période d’incubation.

Nolita Cinéma collabore parallèlement avec le romancier Douglas Kennedy. “A l’origine, nous étions partis sur l’adaptation d’un de ses ouvrages, mais nous nous en sommes finalement beaucoup écartés et c’est désormais devenu un sujet original. Le travail avec lui est tellement efficace et agréable qu’à côté de ce projet intitulé Sous le vernis, nous travaillons sur un deuxième scénario, Incubator.”

Courts toujours

Enfin, Maxime Delauney et Romain Rousseau continuent de faire des courts métrages, dans l’optique d’accompagner ensuite les cinéastes vers le long. “On produit actuellement Mon combat de l’auteur et comédien Rudy Milstein (Embrasse-moi), dont le tournage a lieu à Metz… On a vraiment envie de continuer à faire, et des courts et des premiers films.

Le duo ne revendique aucune ligne éditoriale. “Il y en a une a posteriori, mais c’est vraiment l’envie de travailler avec les talents qu’on aime, qui nous motive. On produit des films qui parlent de la vie d’aujourd’hui, de gens qui viennent comme nous de petites villes, de province, des histoires du quotidien… Nous nous sommes formés au contact de notre premier film, Nos souvenirs.

Olivier du Jaunet